mardi 20 novembre 2007

Qui a peur de la vérité?

L'AFFAIRE BOULIN EST-ELLE ENCORE D'UNE TROP VIVE ACTUALITÉ POUR QUE LA JUSTICE PUISSE FAIRE SON TRAVAIL COMME ELLE LE DOIT?

De nouveaux témoignages confirment que Robert BOULIN, Ministre du Travail et de la Participation de Valéry GISCARD D'ESTAING, a été assassiné, victime d’un complot politique. Selon la version officielle, Robert Boulin s’est suicidé par noyade dans 50 centimètres d’eau, en octobre 1979. Aujourd’hui, cette version des faits n’est plus crédible.

Fabienne BOULIN BURGEAT affirme, plus que jamais, que la désignation d’un Juge d’Instruction s’impose pour faire toute la vérité sur les circonstances de la mort de Robert BOULIN.

En 2002, Fabienne BOULIN BURGEAT, s’appuyant sur les résultats du travail de plusieurs journalistes d’investigation, dont les contre-enquêtes de CANAL + et de France Inter, a obtenu du Procureur Général près la Cour d’Appel de PARIS que soit ouverte une nouvelle enquête préliminaire afin de déterminer si une information judiciaire sur la mort de son père devait être rouverte pour charges nouvelles.

Les témoins entendus dans le cadre de cette nouvelle procédure ne se contentent pas de mettre en évidence les incohérences de la thèse officielle et les vices de l’enquête judiciaire et policière de 1979 qui avaient hâtivement conclu au suicide. Bien plus, ils révèlent des faits nouveaux qui nécessitent de manière maintenant incontournable la désignation d’un Juge d’Instruction pour enfin faire toute la lumière sur un des plus graves scandales politico-judiciaires de la Vème République.

La solide contre-enquête de Benoît COLLOMBAT, publiée cette année aux Editions FAYARD sous le titre UN HOMME A ABATTRE contient des révélations capitales justifiant également la réouverture immédiate de l’instruction judiciaire sur la mort de Robert BOULIN.

Les mémoires politiques de Raymond BARRE, publiées en janvier 2007, qui était Premier Ministre à l’époque des faits, livrent elles aussi une révélation capitale, corroborée par plusieurs autres témoignages, sur l’heure réelle de la découverte du cadavre de Robert BOULIN, qui met en pièce la thèse officielle et atteste des manipulations sur lesquelles elle s’est construite.

Ceux qui avaient la charge d’établir la vérité ont renoncé à tirer au clair cette affaire. De multiples scellés judiciaires essentiels à la manifestation de cette vérité ont été détruits illégalement. Tout cela n’est pas acceptable.

Avec le temps, comme souvent, des témoins désirent rompre le silence. D'autres attendent pour s'exprimer de pouvoir bénéficier des garanties prévues par la loi dans le cadre d'une audition devant un juge d'instruction, en raison du climat de peur entourant encore aujourd'hui ce dossier.

Il est pourtant aujourd’hui établi notamment que :

Le corps de Robert BOULIN, quand il a été découvert, portait des traces de coups. Ceci résulte de nombreux témoignages et notamment des déclarations précises et circonstanciées de l'assistant des légistes bordelais qui ont procédé à la deuxième autopsie du corps le 16 novembre 1983.

Yann GAILLARD, directeur de cabinet de Robert BOULIN à l'époque et aujourd'hui Sénateur de l'Aube, confirme qu’il a été informé de la découverte du corps de Robert BOULIN à 2h00 du matin alors même que selon la thèse officielle, cette découverte n’aurait eu lieu que bien plus tard, à 8h40 du matin. Plusieurs témoins corroborent cette révélation dont notamment Madame Marie-Thérèse GUIGNIER, amie intime de Louis-Bruno CHALRET, Procureur général près la Cour d’appel de Versailles, et par ailleurs ancienne collaboratrice de Robert BOULIN et d'autres ministres de la Vème République. Le Procureur CHALRET est l'un des premiers informés que Robert Boulin est mort sur son territoire de compétence et il se rend personnellement sur place, dans des conditions pour le moins suspectes, bien avant l'heure officielle de déclenchement des recherches.

Preuve est faite qu’une véritable pré-enquête, destinée à maquiller la vérité des faits, a été orchestrée, y compris sur les lieux de la découverte du corps, avant même l’arrivée officielle des autorités de police et judiciaires.

Une agitation très exceptionnelle a été constatée par différents témoins (qui s'en sont, en vain, émus auprès des autorités) autour de l’étang du Rompu pendant la nuit du 29 au 30 octobre 1979, et ce, bien avant l’arrivée des premiers enquêteurs officiels.
Une lettre attribuée à titre posthume à Robert BOULIN a été complaisamment exhibée très vite après sa mort comme la preuve cardinale de son suicide. Son authenticité, jamais clairement démontrée, est aujourd'hui complètement remise en cause. La fabrication de cette pièce fallacieuse, qui a forcément nécessité des complicités dans le propre entourage du Ministre, est un maillon important d'une scandaleuse opération de camouflage sur laquelle il faut maintenant lever le voile.

Nous ne cessons de rassembler les preuves tangibles que mon père a été assassiné et je vois mal comment la justice de la République pourrait continuer à les dénier, je n’ignore rien, pour les avoir moi-même subies, des forces qui se sont exercées et s’exercent encore pour contraindre les témoins à se taire, et en encourager d’autres à s’accommoder de petits arrangements avec la vérité. C’est pourquoi je me réjouis que les langues des uns commencent à se délier, tandis que la mémoire revient aux autres. La justice française me doit la vérité comme simple citoyenne autant que comme fille de mon père. Comme démocrate républicaine je me battrai jusqu'au bout pour que justice passe dans ce dossier si emblématique des mœurs politiques et de l'état des institutions de cette République. Presque trente ans après les faits, il est encore temps, il est plus que temps!